LA 'S'
GRAND
ATELIER


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Philippe MARIEN (1987)

En 2012, alors que nous organisions une journée de rencontres avec de potentiels candidats pour les ateliers de musique de La 'S' Grand Atelier, nous avons vu débarquer un jeune trisomique à la gestuelle souple et au sourire ravageur. Accompagné de sa mère, il a traversé la moitié de la Belgique pour tenter sa chance et rejoindre un projet artistique à la hauteur de ses ambitions.

Retirant son chapeau à paillettes il s’est présenté ''Bonjour, moi c’est Michaël Jackson''

Philippe Marien venait de débarquer dans nos vies…

Vivant au sud de Bruxelles, il a tout d’abord rejoint régulièrement les artistes de La 'S' pour participer aux résidences et aux tournées des Choolers.

Désormais Philippe a décidé de s’installer à Vielsalm pour participer pleinement aux ateliers du centre d’art de La 'S' Grand Atelier où il développe également un travail plastique.

Les arts de la scène restent néanmoins sa priorité au sein des Choolers Division où avec Kostia Botkine, il forme un duo de chanteurs et maitres de cérémonie qui donne toute sa singularité énergique au groupe.

Outre ses qualités de chanteur, Philippe Marien est un excellent danseur et comédien.

Il a été repéré par Gustavo Giacosa et fera partie de la prochaine création théâtrale de la compagnie SIC12 (Aix-En-Provence), un spectacle où avec son compère Botkine, il peut montrer toute l’étendue de son talent et de sa présence scénique.

(Anne-Françoise Rouche)

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Philippe MARIEN

Les écrivains ne possèdent pas leurs mots. Depuis quand les mots appartiennent à quelqu'un? «Vos propres mots», en effet! Et qui êtes-vous?

Brion Gysin

Si les dessins de Philippe MARIEN sont des Cut-Ups visuels, ils embrassent une vie particulière, source de ces embrasements et de ces réécritures. Philippe MARIEN, en duo avec Kostia BOTKINE, forme le groupe The Choolers Division, entre hip-hop, art de la déclamation (naviguant du mélodique à la discordance), présence scénique et joutes sonores où les bruits de claviers et les sons préenregistrés sont pulvérisés dans une ample matière qui fait vibrer des publics de choix avec eux, et dont le fil rouge (qui se dissout et se recompose au cours de leurs morceaux) est tendu par le verbe des deux chanteurs, né de leurs mythologies personnelles et dont les images fortes donnent à entendre.

La technique du Cut-Up a métamorphosé les arts de la scène, les arts visuels et les écrits car elle a ouvert des champs incommensurables de création et aussi parce que la réalité brute (qui est sa matière première) en est une composante irréfutable. Parler de Cut-Up à l’égard des dessins de Philippe MARIEN, c’est avant tout leur accorder une valeur d’inscription, de prise de notes éparses, alternativement dissolues et rassemblées, qui marquent la temporalité, toujours en brèche, d’un vécu dont on ne pourrait circonscrire les contours. Ainsi, à l’image de ces Cut-Ups visuels, en est-il aussi de la vie elle-même de l’artiste où s’entrecoupent et s’alternent de longues périodes aux prises avec une réalité institutionnelle et ses tournées musicales, celles-ci au fait d’une vie intense, hors normes, au plus près de la réalité de ses propres désirs. Ces deux réalités distinctes et paradoxales, Philippe MARIEN les fait saillir en les télescopant sur le papier avec force et vulnérabilité. Inscriptions aux faux airs enfantins, ses dessins sont des Cut-Ups visuels jouxtant ces deux mondes étanches.

Ainsi, les dessins de Philippe MARIEN énumèrent une galaxie de faits apparaissant par notes, images collées, listes, et chiffres. Autant de présences matérialisées qui volatilisent l’ennui. Événements embrasés par le présent s’y offrent de nouveaux corps, tout à la fois codifications éphémères et signes figurés persistants. S’y croisent instants, disparitions, détours, désirs et fantasmes descriptifs, comme autant de circonscriptions minimales échappées d’une réalité brute. Graphies, collages et dessins s’y retrouvent sur un même plan pour produire des énoncés dont le pouvoir suggestif est à la taille de ce que ces résidus récoltés produisent sur leur auteur. On y trouve parfois des macrales offertes dans leurs attributs les plus élémentaires, des vignettes à collectionner, comme autant de modes d’emploi érotiques à y déchiffrer.

Mais ne nous y trompons pas c’est aussi le fruit d’une perte incontestable que Philippe MARIEN retient sur ses feuilles de papier, un « Vol de mort », comme il l’écrit lui-même. Signifiant autant la disparition irréfutable qu’un réel auquel on ne peut pas échapper.

Annabelle DUPRET Juillet 2018