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Alexandre VIGNERON (0000)

Intuitions spatiales et générations autonomes Alexandre VIGNERON

Je considère qu'il était nécessaire de comprendre l'intuitif dans l'art comme le but de notre sensation sélective envers les objets. Et [cet intuitif] suivit un chemin purement conscient, forçant résolument son chemin à travers l'artiste.

Kasimir Malevitch

Les dessins d’Alexandre VIGNERON ouvrent l’espace dynamique et autonome de la vie du plan. Forces dessinées et tectoniques s’y livrent bataille et en font jaillir des minerais d’espaces architecturés. Épiphanies sur la page blanche, ces pépites brutes aux multiples facettes (des lignes denses, des surfaces vibrantes et des couleurs pures qui se génèrent et s’engendrent en formes aussi brutes que régulières) ouvrent, à chaque fois, de nouveaux pans d’espace, apparaissant dans toute leur réalité. Tendus par des forces à la fois divergentes et convergentes, ces nouveaux espaces éclosent au confluent de la feuille de papier et de l’artiste. Ici, l’atemporalité des formes en mouvement (ce temps infini qui se déploie à d’autres échelles) s’y trouve en accointance avec le dessin le plus éphémère. Les formes, telles des papiers découpés, peuvent partir à la dérive, flotter, ou échapper aux limites de la feuille. Mais en se recoupant et en se superposant parfois, elles apparaissent aussi comme de nouveaux objets, réels, qui ne sont pas les seuls fruits de la visibilité. Leurs résonances propres (qui sont couleurs et formes) influent sur leurs tailles mutuelles, leurs agencements, leurs mouvements, et leur disparition de la feuille, et se révèlent dans leur vie propre.

Alors oui, il y a un parallèle visible (où deux lignes sur plan finalement ne sont destinées à se rejoindre que dans l’espace infini) entre les surfaces dynamiques et colorées d’Alexandre VIGNERON et celles, suprématistes, de Kasimir MALEVITCH. Parallélisme audacieux tant les avancées du peintre tendaient à une vision absolue, mystique et spirituelle aspirant autant à sa conscience absolue de la génération de ses formes sur ses tableaux qu’à l’intuition de ses nouveaux objets. Mais c’est justement ce grand écart intersidéral entre les deux artistes (entre l’ambition esthétique suprême du peintre russe au tout début du XXème siècle et les facilités plastiques brutes, désinvoltes et déconcertantes d’Alexandre VIGNERON) qui révèle l’étendue d’un champ plastique où les potentiels inouïs de l’autonomie des formes et des couleurs apparaissent sur le grand vide électromagnétique de la page blanche et créent des connections quasi électriques entre intuition et conscience. Connections d’où ces formes et couleurs plastiques jaillissent mais que ces dernières génèrent aussi à leur tour, incontestablement.

Annabelle DUPRET Juillet 2018